Espace d’échanges de pratiques de codéveloppement pour valoriser les migrants comme citoyens et acteurs du développement ici et là-bas.

Données factuelles sur le projet
Développement local / Gouvernance
fr-FR
GRDR
01-01-2001
Français (FR)
Les associations de ressortissants du Bassin du Fleuve Sénégal en France et le GRDR.
Ressortissants ; communes françaises liées par un partenariat de coopération décentralisée ; les acteurs du sud venant au nord ; les partenaires de projets de solidarité internationale et de développement local (fondations, agences de l’eau etc).
Conduite de l'action
Formalisation d’une méthodologie de coopération internationale articulée autour du double espace de la migration (territoires d’origine et de vie des migrants) et des coopérations décentralisées animant la coopération en lien avec ces territoires. Volonté de proposer un outil par et pour les diasporas (qualifiées ou non), ressortissants organisés en association villageoises, communales, voire régionales en France, incluant aussi bien les aînés que les jeunes. Faire prendre conscience aux migrants du niveau local dans les pays d'origine et les rendre légitimes en tant que citoyens actifs de ces communautés, aux autorités locales dans le pays de résidence le rôle des migrants comme des acteurs du développement ici et là-bas, ainsi qu’aux citoyens français la place des migrants dans la cité à travers leurs actions d’ouverture des territoires à l’international.
En France et dans les pays d’origine: le processus de décentralisation au Mali, en Mauritanie et au Sénégal re-questionnent les modes de coopérer entre les communes et régions nouvellement crées et leurs homologues en France. Les migrants, structurés en associations de village en France évoluent elles aussi dans leur mode de fonctionnement et de représentation pour s’adapter à ses nouveaux échelons administratifs en place dans leurs territoires d’origine. Le GRDR, ONG présente dans le double espace de la migration (territoire de vie et d’origine des migrants) accompagnent le processus de décentralisation auprès des acteurs dans les régions du bassin du fleuve Sénégal et entend également accompagner les associations de ressortissants en France pour trouver toute leur place comme interlocuteurs et partenaires tant des autorités locales en France que dans leurs régions d’origine. Des missions « double espaces » sont coordonnées par le GRDR en France et dans les territoires d’origine des migrants avec les associations de ressortissants et en partenariat avec les collectivités locales du sud.
> En France : mise en place et déroulement d’une mission « doubles espace » : au départ de la mission, le Président de l’association communale des ressortissants convoque une assemblée générale. Les migrants en rédigent les termes de références (document de cadrage de la mission). Lorsque l’initiative de la mission vient de là-bas, les ressortissants se regroupent autour d’un comité de pilotage et valident les TDR envoyés par la délégation du sud. Les ressortissants produisent un annuaire des ressortissants de la commune d’origine, identifient des partenaires (fondations, entreprises, collectivités locales de résidence) et les contactent pour qu’ils puissent rencontrer la délégation. Des responsabilités sont définies pour accueillir la mission (participer aux réunions) que le GRDR accompagne sur un plan méthodologique. Les enfants de migrants sont impliqués en amont et en aval de la mission ; ils disposent notamment des compétences techniques nécessaires à l’organisation de ces missions (rédaction, informatique, langues, etc.) et représentent aux yeux de leurs parents « la relève » à laquelle transmettre. Par ailleurs plus enracinés dans la vie associative locale ils ont la volonté d’organiser des événements culturels ici en lien avec les pays d’origine.

> Dans les territoires d’origine des migrants : les TDR sont transmis au cadre de concertation communal pour amendement et validation. Les ressortissants accueillent ensuite officiellement la délégation au sein des foyers et dans le quotidien (accueil de la délégation en famille, repas, hébergement, accompagnement pour déplacements locaux…). Ils accompagnent la délégation lors des rencontres avec le GRDR et les partenaires ici et participent à toutes les réunions contribuant ainsi directement à l’élaboration et la validation du plan de développement local de leur commune d’origine. parallèlement des outils de communication des associations de ressortissants sont développés avec l’appui du GRDR (création du logo, réalisation de la plaquette de présentation de la commune d’origine).
> En France : rédaction du bilan de la mission de la délégation. les ressortissants mettent sur pied des événements de visibilité la venue de la délégation (fêtes culturelles) et interviennent dans des espaces de débats et d’échanges avec la délégation sur la coopération décentralisée, le co-développement, etc. A l’issue de la mission les ressortissants font le bilan et en évaluent les résultats. Ils participent à la rédaction du rapport de mission (bilan technique et financier) ce qui permet ensuite un travail de capitalisation. Conformément aux accords passés avec les responsables locaux, ils montent des projets de co-développement et les déposent auprès des partenaires. Le GRDR accompagne techniquement le montage des projets.

> Dans les territoires d’origine des migrants : les responsables locaux restés au pays sont régulièrement informés des réunions et résultats de la mission. Des outils de communication sont mis en place sur le « double espace » pour suivre les résultats de la mission. La mission est finalement restituée au niveau du cadre de concertation contribuant à élargir la compréhension par les acteurs locaux du rôle que peuvent jouer les associations de ressortissants dans la co-élaboration du partenariat de coopération, au-delà de leurs seules contributions financières au projet via les cotisations.
Compétences
> Circulation de l’information et médiation : implication directe dans la co-élaboration des termes de référence de la mission des représentants communaux des pays d’origine et capacités de mise en lien avec les représentants locaux sur les territoires de vie. Capacités à prendre du recul sur les projets pour adopter une posture de représentation associative (pour le compte de leur association) et de mise en perspective des enjeux de la venue d’une délégation institutionnelle locale du sud (vis-à-vis des représentants communaux là-bas et des collectivités locales des territoires de vie ici).
> Plaidoyer : capacités de sensibiliser à la connaissance des territoires d’origine auprès d’autres citoyens ici à travers le regard de la migration (fêtes culturelles).
> Compétences techniques : capacité à s’exprimer en public et à présenter des projets dans le contexte de la coopération décentralisée et/ou du co-développement. Connaissance des réalités institutionnelles du pays d’origine (décentralisation)
> Dimension intergénérationnelle : les ainés souhaitent transmettre les compétences et expériences de coopération acquise auprès des jeunes générations en les impliquant dans les missions « double espace ». Les jeunes mettent leurs compétences au service des aînés.
> Partenariat : les ressortissants sont identifiés comme les relais en France des territoires d’origine. Les ressortissants développent progressivement une relation partenariale avec leurs collectivités d’origine. Les associations construisent leurs outils de communication (logo, plaquette…) pour renforcer leur capacité de représentation sur leur territoire ici.
> Dimension interculturelle : les ressortissants développent des interventions dans les colloques et expliquent leurs parcours migratoires : témoignages sur la relation migration/développement et capacité de prise de recul sur son propre parcours.
> Accompagnement des missions double espace par le GRDR à la fois au départ de la mission (information sur les termes de références et les rencontres programmes avec les migrants) et en France auprès des associations de ressortissants facilitant l’implication active des migrants dans la co-élaboration des TDR de mission et dans la représentativité auprès des partenaires institutionnels (prise de parole, passage du montage de projet à la présentation des enjeux de développement pour les zones d’origine).
> Renforcement des compétences techniques par des formations proposées aux migrants par le GRDR : cadres de coopération décentralisée, conventions de partenariats, supports de communication.
L’organisation de missions d’acteurs du sud en France est une pratique de co-développement expérimentée depuis 10 ans avec le suivi de 150 missions du Bassin du Fleuve Sénégal en France, en partenariat avec une 40e de collectivités locales françaises. Elles permettent de valoriser les ressortissants comme les premiers acteurs de codéveloppement et d’animer les territoires de manière dynamique, opérationnelle et pérenne.
Production par le GRDR d’un guide méthodologique sur « L’organisation d’une mission d’acteurs du sud en France : pour une coopération de territoire à territoire».
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Constats tirés de l’évaluation
Formulation d’indicateurs innovants valorisant les apports des mobilités humaines dans le développement des territoires
> Volonté d’accroître la compréhension des organisations de migrants des nouveaux modes de fonctionnement territoriaux dans les pays d’origine (structuration des processus de décentralisation) et des partenariats de coopération avec les territoires de rés
> Mettre en place des outils pour renforcer la connaissance mutuelle des différents acteurs de développement et de leurs relations dans les zones de résidence et d’origine et identifier clairement la place et le rôle des organisations de migrants dans le cadre de partenariats de coopération décentralisée impliquant les territoires d’origine et de vie des migrants.
> Inclure un volet de travail sur la sensibilisation/les représentations liées aux migrations pour lutter contre les préjugés et les stéréotypes concernant les migrants (les migrations représentant un bon outil de sensibilisation au développement dans la mesure où elles mettent en lumière les interactions fortes et les liens d’interdépendances entre plusieurs territoires, correspondant aux pays d’origine et de résidence des migrants).
Mission organisée avec les organisations de migrants et les collectivités locales de résidence et d’origine des migrants pour une appréhension de la coopération entre plusieurs acteurs de territoire à territoire.
> Diversification des types d’acteurs dans la conduite de l’action (associations de migrants, , collectivités locales, ong, etc.) pour une appréhension globale des enjeux touchant les populations et dans les différents espace de vie (origine et résidence).
> Renforcement des capacités en gestion de projet des migrants et sur les champs technique de l’action pour une pleine inclusion dans la réalisation de l’action aux côtés des partenaires.
Les migrants améliorent leurs connaissances et leur expertise, et ils accroissent la visibilité de leurs actions vis-à-vis des élus, de la société civile ou des associations à la fois dans les pays de résidence et d’origine.
> L’action se déploie simultanément dans les deux territoires de coopérations en impliquant organisations de ressortissants.
> Renforcer la visibilité des organisations de migrants dans leur double compétence associative dans le pays de résidence (actions locales à destination des migrants, auprès des collectivités locales, événements publics de sensibilisation au développement, etc.) et dans le pays d’origine (participation aux missions de coopération décentralisée).
Les missions sont inscrites budgétairement dans le cadre des accords de coopération décentralisées entre les collectivités locales partenaires ; les migrants participent quant à eux à l’accueil et au séjour des membres de la délégation.
Effort d’une diversification des moyens financiers au-delà des ressources privées des migrants pour éviter une trop grande dépendance aux seules ressources des migrants (contribuant aussi à inscrire l’action dans une démarche pluri-acteurs avec des partenaires d’action).
> Environ 120 missions accompagnées (soit au moins 250 personnes au total).
> Une 20e de partenariats de coopération décentralisée accompagnés (collectivités locales).
> Des milliers de ressortissants mobilisés pour l’organisation de ces missions « doub
> Associer directement les communautés organisées de ressortissants ici lors des venues de partenaires du sud dans le cadre de coopérations décentralisées (migrants comme médiateurs et comme acteur de la relation de coopération décentralisée).
> Des outils de capitalisation sont élaborés à partir d’expériences concrètes pour renforcer la compréhension des acteurs de développement du nord sur la contribution des migrations au profit des territoires d’origine comme de résidence.
> Renforcer les compétences de représentation institutionnelle des associations de ressortissants ici pour un rôle actif, autonome et reconnu de leur place dans les partenariats unissant leurs territoires de vie et d’origine.
> La participation des ressortissants des territoires d’origine dans la conduite de l’action favorisent des interactions fortes avec les populations locales (dans les deux pays, de résidence comme d’origine) et la possibilité d’accompagner un changement de regard ou de pratique pour une évolution durable des modes de faires localement (dans les deux pays).
> Encourager les organisations de migrants à s’impliquer/à organiser des actions de sensibilisation au développement ou de visibilité de leurs actions associatives dans les pays de résidence au-delà des communautés migrants et à destination du grand public.
Des comptes rendus de missions sont co-réalisés par les organisations de ressortissants et l’ONG d’appui.
Favoriser des espaces de suivi commun, pluri-acteurs et transnationaux incluant les associations de migrants aux côtés des partenaires de coopérations décentralisées.