Espace d’échanges de pratiques de codéveloppement pour valoriser les migrants comme citoyens et acteurs du développement ici et là-bas.

Données factuelles sur le projet
fr-FR
ENDA EUROPE
01-01-2008
Français (FR)
Syndicat Interdépartemental d’assainissement de l’agglomération parisienne ; Eau de Paris ; Enda Mali, Enda Europe ; l’Association des ressortissants de Lakanguém ou l’APPEL.
Population de Lakanguémou (via un comité de coordination, un de gestion, 3 associations de femmes maraîchères, le personnel enseignant, le personnel médical, les élèves des écoles publiques et de la medersa).
44 519 €
Conduite de l'action
3 axes : adduction d’eau, assainissement des eaux de douche dans le centre du village, ingénierie sociale. Ce dernier volet est pris en charge par Enda Mali : sensibilisation et information des bénéficiaires, amélioration des conditions de réalisation du maraîchage afin qu’il soit moins dangereux, moins pénible et plus efficace.
> En France : Les migrants impulsent la démarche auprès d’Eau de Paris pour la construction d’un château d’eau à Lakangémou. Après concertation la décision est prise d’ajouter des activités d’assainissement. Enda Europe et Enda Mali sont sollicités par Eau de Paris pour la partie ingénierie et le SIAAP pour les activités d’assainissement.
> Au Mali : un état des lieux puis un approfondissement de l’état des lieux sont conduits lors de la première mission. la structure relai de l’APPEL à Bamako participe aux missions aux côtés d’Enda Mali et prévient la population et les différentes structures locales de l’arrivée des chargés de mission d’Enda Mali.
> En France : Participation de plus en plus active des migrants aux réunions à toutes les étapes du déroulement des activités sur place : apports d’informations sur le village et la mobilisation autour du projet, les difficultés rencontrées, la recherche de solutions en appui aux autres partenaires. Sollicitation par Enda Europe pour l’organisation de réunions régulières sur le déroulement du projet auprès des autres partenaires et avec l’implication de l’association de ressortissants au moins une fois avant et après chaque réunion. Suivi des missions par Enda Europe.
> Au Mali : contribution importante à la mobilisation des populations autour du projet à partie de la France et via la structure relai à Bamako. organisation de réunions avec l’équipe d’Enda Mali avant les départs pour le village, définition des activités et des priorités. une personne de l’association relai accompagne Enda Mali au village et appuie la médiatio auprès des populations et des groupes cibles via notamment les activités d’interprétariat. aussi dans la seconde phase du projet appui à la mobilisation des chefs de villages et des autorités pour sonder les intérêts suscités par les activités réalisées à Lakanguémou et les possibilités d’élargissement.
> En France : l’association de ressortissants en France souhaite participer aux missions de terrain et en particulier aux missions d’évaluation du projet. cela implique une concertation accrue en France. ses membres demandent aussi à bénéficier de formations par Enda Europe parallèlement aux formations dispensées au comité de gestion de l’eau (formation à la vie associative, formation d’un GIE). Enda Europe envisage de développer les échanges avec l’association en France des jeunes de Lakanguémou autour des activités à venir dans le cadre du projet et de renforcer son rôle de mobilisation et de médiation avec les autres partenaires (le SIAAP et Eau de Paris). Enda Europe a accepté de dispenser des formations à l’association des ressortissants sur la demande explicite de ces derniers.

> Au Mali : Participation accrue aux missions de terrain. Des échanges sont prévus entre Enda Mali et l’association des jeunes de Lakanguémou voire de villages environnants autour du contenu et de la poursuite du projet. en effet les jeunes générations sont souvent porteuses d’autres demandes ou idées que leurs parents et il est important d’être également à leur écoute et de tenir compte des propositions et apports de ces organisations.
Compétences
> Circulation de l’information et médiation : entre populations et partenaires, association-relai et association en France ; circulation de l’information en interne au sein des structures partenaires : le président de l’association de ressortissants est plus à même de mobiliser et de gérer la communication avec les populations et la structure au Mali et des membres actifs développent des compétences de communication publique ; médiation au Mali entre équipes d’Enda (bambara) et population (village Soninké). En France médiation auprès des partenaires techniques connaissant peu la société et culture malienne.
> Plaidoyer : pédagogie importante développée auprès des groupes et investissements importants dans le dialogue aux côtés de l’ONG pour la partie ingénierie sociale ; apprentissage de la démarche de concertation entre ONG-association de ressortissants (NB : peu d’interpellation des collectivités locales car le présupposé est qu’il revient aux ressortissants de financer le développement de leur village).
> Partenariat : capacités à prendre des contacts ; à mobiliser sur le territoire d’origine les populations, les villages environnants et des personnes ressources (nb : constat d’une mobilisation « sélective » : certaines personnes écartées du fait de conflits interpersonnels ou attention portée à un groupe au détriment des autres, ex : formations destinées aux hommes au détriment des femmes qui n’ont pas les moyens d’acheter du petit matériel de maraichage, alors qu’elles sont de plus en plus centrales dans l’économie du village) ; renforcement de la contribution des ressortissants et de la compréhension commune des enjeux du projet, capacité de proposition. NB le fait d’aborder tous les aspects et les intérêts de l’ensemble de la population a conduit les ressortissants à faire aussi des propositions à l’adresse de groupes négligés jusqu’alors (ex : renforcement de la gestion administrative et financières par les femmes).
> Compétences associatives : bonne organisation et répartition des responsabilités entre association-relai et association en France. Organisation des réunions de concertation au sein du foyer de travailleur migrants où résident les ressortissants permet une synergie entre le projet et d’autres projets analogues dans d’autres villages (NB : part informelle reste importante et rend parfois difficile la compréhension par les partenaires des attentes exactes de l’association de ressortissants et de son rôle dans le projet) ; évolution vers une formalisation croissante des actions par la nécessité de production d’écrits (rapports mission, évaluation, suivi…) ; évolution progressive vers une démarche plus globale de développement local avec recherche de subventions (coopération décentralisée) mais incompréhension générée auprès de la population du fait du « morcellement » de l’action en secteurs spécifiques (eau et assainissement), nécessité d’un apprentissage progressif facilitée par les réunions de concertation.
Appui de la coopération Enda Mali - Enda Europe et organisation de réunions régulières à Paris et Bamako.
Construction de plus de la moitié des puisards (eaux de douches) prévus ; Amélioration qualitative et quantitative de la production maraîchère ; Progression des pratiques d’hygiène et de santé notamment au sein du personnel de santé ; Conscience accrue des enjeux environnementaux manifestée par l’organisation autonome de la jeunesse autour de l’activité de collecte des déchets.
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Constats tirés de l’évaluation
Formulation d’indicateurs innovants valorisant les apports des mobilités humaines dans le développement des territoires
Travail de diagnostic conduit par Enda Mali en lien avec Enda Europe et les ressortissants du village en France.

Point de vigilance: Associer les ressortissants et leurs associations le plus en amont de l’action permet une implication à toutes les étap
Schéma organisationnel de travail sur les deux espaces simultanément : des équipes sont identifiées dans les deux territoires de coopération pour l’analyse des contextes et pour l’élaboration du projet.
> L’implication des migrants est une plus-value en tant qu’elle favorise la compréhension par les autres partenaires en France des enjeux locaux; mais aussi car elle favorise la compréhension des enjeux par Enda Mali à Bamako, intervenant peu jusqu’alors
> Encourager la diversification des moyens financiers au-delà des ressources privées des migrants pour éviter une trop grande dépendance.
> Diversification des types d’acteurs dans la conduite de l’action de co-développement (associations de migrants, ong, etc.)
> Renforcement des capacités en gestion de projet des migrants et sur les champs technique de l’action pour une pleine inclusion dans la réalisation de l’action aux côtés des partenaires et en collaboration avec les populations.
Évolution d’une prise en charge financière par les migrants à une inscription progressive dans une démarche de développement locale.

Point de vigilance: Attention aux possibles incompréhensions générées auprès des populations du fait du « morcellement
Effort d’une diversification des moyens financiers au-delà des ressources privées des migrants pour éviter une trop grande dépendance avec accompagnement de la compréhension du langage et des attentes des subventions (publiques ou privées).
> Les migrants deviennent de plus en plus impliqués dans le projet au fur et à mesure qu'ils sont alertés sur les enjeux environnementaux.
> Les migrants jouent un rôle important de médiateurs dans la compréhension des enjeux locaux, des références cultu
> Les associations de ressortissants sont renforcées dans leurs capacités de gestion autonome des actions dans les territoires d’origine et de résidence (sensibilisation aux enjeux de développement, transfert de compétences…).
> La participation des ressortissants des territoires d’origine dans la conduite de l’action favorisent des interactions fortes avec les populations locales et la possibilité d’accompagner un changement de regard ou de pratique pour une évolution durable des modes de faires localement.
Enda valorise les plus-values de médiation dans la compréhension plus fine des problématiques locales dans l’avancée du projet. A long terme, la pérennité du projet est assurée par une responsabilisation plus juste de chaque partenaire et de la population.

Points de vigilance: Importance d’identifier les rôles et compétences de chaque acteur impliqué dans la conduite de l’action et leur complémentarité pour un impact et des résultats durables.
Inclure les ressortissants des territoires de coopération des pays de résidence et d’origine dans le portage à long terme des actions du fait de leur capacité d’implantation double ici et là-bas.